La cigarette

octobre 21st, 2008 by labariteau

On me demande d’écrire un texte traitant des gens que je rencontre au Centre d’Abandon du tabagisme depuis maintenant 5 semaines. J’avoue bien humblement éprouver certaines difficultés à disserter sur le sujet. Non que  le sans-fumée ne me tienne à coeur. Au contraire, mon coeur j’y tiens! Tout autant que je tiens à la peau qui enrobe mes dents! Si vous désirez que je me relise entre les lignes, c’est à cause de mes gencives que j’ai cessé de fumer. À près de 800 $ l’intervention parodontiste, on peut bien jeter toutes ses intentions de paquets de cigarettes par la fenêtre et tant qu’à y être le camion qui les transporte avec!

J’ai des étincelles de rugissements de résidus de nicotine, vous dites! Je pense bien que oui! Et même si vous permettez que je vous simplifie la vie, j’ajoute que le timbre de nicotine m’étampe fort le bras et que cà colle persistant ce timbre-là. Comprenez-vous? Fort en colle. Faible en nicotine. Direction Centre d’Abandon du tabagisme. Je suis en manque de fumée. Je suis en manque d’inspiration. Tout le monde sait cela: ce qui s’écrit bien, s’écrit bien mieux en fumant.

Je n’ai encore rien dit sur mes compères, commères (hein!?!), confrères, consoeurs, nouvellement rencontrés dans le cercle des initiés sans cigarette. Je passe tellement de temps à disséquer mes propres pensées qu’il m’en reste bien peu pour transcrire un quelconque compte-rendu des soubresauts mentaux d’occasionnels congénères mis sur ma route par une coïncidence passagère d’intention louable: cesser de fumer.

Vous me demandez: où suis-je? À la même place que vous: à chercher un sens aux mots. Je serai donc très brève et me restreindrai, je vous préserve, à l’introduction de quelques participants ex-fumeurs.

1. Il y a François qui me complimente sur la montre que je porte au bras, souhaite obtenir mon adresse couriel et tire de sa bibliothèque “J’arrête de fumer” qui s’y empoussièrait depuis 10 ans. 2. Il y a Nicole en retard le premier soir, au cellulaire qui sonne la deuxième semaine, pas certaine de désirer arrêter à la troisième rencontre et fume une seule et unique cigarette quotidienne au bout d’un mois. 3. Il y a Yvon, cycliste éclopé-réchappé d’une collision avec…un autre cycliste, j’en ris encore, c’est pas gentil; exit cigare, cigarillo, cigarette; son corps d’athlète s’est alourdi de 10 lbs. 4. Il y a  Michel, le célibataire qui travaille dehors; il ne parle à personne, regarde, écoute, on ignore son nom, son prénom; à la 5e semaine, il s’exprime et on regrette presque son silence alors que ses mots fendent l’air au couteau: il a l’humour arrogant. 5. Il y a Donald qui a commencé les sessions à l’autre bout de la table des  vingt; sourire accommodant, humeur facile, bon tempéramment, il avance tranquillement de semaine en semaine car on ricane de mon côté, il est assis juste sous mon nez.

(pause fraises-chocolat)

Victor, Francine et moi

octobre 21st, 2008 by labariteau

Trois textes extraits d’une correspondance virtuelle entre Francine et moi ayant pour objet: Victor.

1. Des nouvelles de Victor le 17 août 2008

Allo Francine,

Hé oui! Je t’apporte des nouvelles de Victor.

Il est calme, docile, agile et fort. Tu savais, hein? Il s’adapte bien à son nouvel environnement. Ce qui a quand même donné lieu à quelques péripéties. Tout d’abord, il va de soit que Charlotte tient à préserver sa place de reine de la maison. Les 2 premiers jours furent particulièrement sportifs avec des “ouche” et “scrouch” à un rythme assez constant. Je me suis documentée et ai convenu d’établir les quartiers de Victor au sous-sol avec litière, bols et couche privée. Les 2 minous ont apprécié. Ensuite, il s’ agissait de répandre tranquillement les odeurs de l’un et de l’autre par des visites individuelles des lieux respectifs et communs. De la haute subtilité!

Ainsi donc, Victor dort au sous-sol. Une nuit j’oublie que j’ai laissé une enveloppe de friandises de chats; le coquin, il a déchiré l’enveloppe et tout gobé! La nuit suivante, je laissai la fenêtre du sous-sol à peine trop ouverte, le moustiquaire. Le « vlimeux », il a déchiré le grillage et passé la nuit dehors. C’est le lendemain matin, en ouvrant la porte avant que je le reconnu escorté de 2 acolytes de chats du voisinage venus le ramener à la maison. Tout content, il se dirigea vers moi et d’un élan déterminé atteignit ses quartiers. C’est depuis ce vagabondage nocturne que je le laisse sortir toute la journée. Le soir venu, vers 16-17 heures, je le rentre et dors tout son saoul.

Il commence à grimper les arbres et arpenter les clôtures. Il me suit partout et répond à l’appel de son nom. Par dessus tout, il est attachant et débordant d’affection.

Selon mes recherches, l’acclimatation des 2 chats peut prendre 2 jours, 2 semaines, 2 mois. Victor, c’est pas de trouble. Il se plie aux caprices de Charlotte en ce sens qu’il ne tient pas à avoir le dessus sur elle.  La dominante, c’est elle. Le socialisé, c’est lui. J’ai ainsi une chatte coquette, capricieuse et toute féminine à l’intérieur et un chat confiant, solide et viril à l’extérieur. Belle image de la vie, quoi!

Ah! Oui! J’ai muni Victor d’un beau collier « safe cat » qui s’illumine la nuit, au cas…Il lui sied comme un gant, il est noir et blanc. Il a l’air chic et élégant avec ce collier. Et il a aussi son identification enroulé dans un mini-tube. Tout est kasher!

Nous serons en contact toi et moi au téléphone, car, tu te doutes bien, j’ai besoin des coordonnées pour le vaccin et la stérilisation. Pour ce qui est des griffes, je lui laisse : il ne fait aucun mais alors aucun grabuge. Il a adopté la causeuse du sous-sol et le côté gauche…pas le droit. Tiens toi!

J’ai sorti les jouets qui n’avaient aucun attrait pour Charlotte. Il y en a un qu’il adore : 5 pompons reliés par une corde élastique, comme un bracelet. C’est quasiment sa doudou. Vraiment, il a une belle personnalité. Et mange en glouton!

Comme tu vois, les histoires de chat inspirent en masse la scribe que je suis. À part ça, toi, tu vas bien?

Il serait sympa que tu viennes souper à la maison un de ces quatre, tu verras Victor et puis on pourra jaser de plein d’autres choses. Après tout, on mène nos vies aussi. Et c’est pas des vies de chat!

A+

Bonjour la bariteau,

Je suis très contente, puisque je pourrais revoir Victor à l’occasion. J’ai ma mère de 92 ans chez moi 2 jours.

Je te reparles.

Francine

2.  Victor chez le vet le 27 août 08

Bonjour Francine,

«  Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. » Ainsi, cette phrase de Lamartine résonne dans mon esprit depuis que Victor a été conduit chez le vet. Bon sang, que ça vient nous chercher ces petites bêtes-là! Bêtes! Pourquoi on dit « Bêtes » quand elles ne sont pas bêtes du tout? Je sais bien qu’au moment où je t’ écris tu n’es pas là. Tu savoures ton escapade avec le beau temps que le ciel t’amène. Et il est superbe. Je t’écris quand même car tu es la meilleure personne à qui je peux parler des derniers évènements avec Victor. Tout d’abord, avant de verser dans mes épanchements émotifs, je te mets au fait de l’horaire : j’ai laissé Victor chez le vet en fin de journée (mercredi le 27). Il passe la nuit et est opéré demain matin le 28. Ensuite, je téléphone en après-midi pour prendre des nouvelles car on le garde une autre nuit pour s’assurer que tout s’est bien déroulé. Et je passe le prendre vendredi le 29, après ma visite chez le chiro prévue à 11h15 (je vais voir de ce côté à devancer un peu l’heure…pour revoir Victor plus tôt). De chez le vet (l’heure sera à préciser), je pourrai rouler jusqu’à chez-toi. Et nous verrons ensemble « le chat dans tous ses états » !

Charlotte et Victor se côtoient maintenant à 3 pieds l’un de l’autre.  Ça me coûte cher de friandises mais, il faut ce qu’il faut quand on suit la procédure d’acclimatation. Charlotte est hésitante en mode « dégustation » mais y arrive (dans le processus de rencontre, il est suggéré d’offrir des friandises aux deux chats qui apprennent à cohabiter). Victor, Eh ! Bien! C’est Victor, il dévore d’un trait! Et attend toujours la prochaine bouchée! Hier, je me suis étendue sur le lit en bas dans les quartiers de Victor et on roupillait en « cuillère ». Faut le faire! Il est a-do-rable. Je l’ai sorti dehors au lever ce matin, il va moins loin car la limite de territoire est établie avec un chat noir du voisinage. Victor a reçu le message à coups de cris et de griffes. Son corps en a pris un coup (surtout dans les oreilles et près du cou). J’étais toute bouleversée de cette aventure territoriale. J’entendais les gémissements mais ce n’était pas sur mon terrain, je ne pouvais rien faire. Juste attendre le retour de Victor. Il est revenu un peu pantois, à demi-éberlué; reconnaître la maison l’a rassuré, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout ceci c’était il y a 3 jours – pas ce matin. Il continue à me suivre pas à pas tel un chat-chien et accourt dès que je l’appelle.

Revenons à aujourd’hui. Je saisis mes effets et la cage d’osier avec Victor dedans et prends la route pour Châteauguay. Le trajet est long par la 30. Victor est craintif. Il gémit. La cage ne lui convient pas. Comme si ses odeurs n’y étaient pas ! J’aurais dû changer de couverture et en prendre une à lui. Voilà mon erreur. Il tremble, il a peur. J’en suis à mon tour très nerveuse. J’ouvre la cage. Il va dans tous les sens. Ceci dure jusqu’à l’arrivée. Alors que je m’égare, que je cherche les indications et que j’arrive enfin. Je lui mets la laisse. Ce qui n’améliore en rien son émoi. Je le prends dans mes bras. J’ai du poil partout. J’entre chez le vet. Il sent les odeurs et se calme. Puis, soudains, une espèce de mastodonte de chien noir qui doit faire 20 fois son poids entre chez le vet. C’est l’état d’alerte. Victor ne se peut plus. Il  s’hérisse, courbe le dos et tremble à nouveau. Je passerai la rencontre avec la réceptionniste dans son alcôve au pied de sa chaise. Je n’ai pas le faciès très souriant, je suis prise de court et me demande si j’ai bien fait de l’amener ici. Mais, puisque j’y suis! Une grande respiration. Quelques questions. Victor se laisse rassurer dans mes bras et ceux de la réceptionniste. Qui me précise qu’il n’y aura pas de points de suture ! Quoi! Pas de points de suture! C’est une intervention mineure. Ça se referme tout seul. Puisque vous le dites! Jésus, Marie, Joseph! 

Victor est dans les bras de la réceptionniste qui s’apprête à le descendre dans une cage. Victor me regarde avec ses yeux craquants. Que me dit-il? Je me prends à penser qu’il me dit de ne pas m’en faire, tout va bien aller. Seulement, il y a que je pense à lui. Lui qui pleure peut-être de ne pas être à la maison, de ne pas jouer avec moi, de ne pas rouler de mes caresses. Deux jours, juste deux jours. Tout ce que je souhaite, c’est que l’intervention se passe numéro un. Et que Victor revienne comme un Victor encore plus Victor. Fin, doux et cajoleur. À mon arrivée, Charlotte a semblé chercher Victor. Tiens! Et puis, il y a des bas qui traînent partout dans la maison (c’est le mode d’acclimatation olfactif). Sa chambre est vide sans lui. Eh! Qu’on s’attache vite ! Je te comprends, va! D’avoir connu cet attachement à Victor. Il est irrésistible. Et toi, comment vas-tu? Appelle-moi quand tu reviens. Tu as une bonne âme de m’avoir lu jusqu’au bout.

Bises et miaou,

3. Aux portes de Victor le 16 septembre 08

Chère Francine,

Tu vas bien? J’espère te voir vendredi et je t’apporterai les laisses que tu m’avais prêtées. Notre chat-chien n’en a pas besoin! D’ici à ce vendredi, je t’envoie quelques phrases qui me trottaient en tête.

Victor est dehors. Chaque soleil levant – éclaircies à vue ou nuages dominants - voit notre Victor délaisser ses quartiers avec un indéniable empressement. Chaque matin, Victor - le chat qui vient de dehors aime aller dehors – fait le tour de son territoire et rappelle à toute la faune environnante sa dominante présence . Plus personne n’en doute : portes grandes ouvertes sur le jardin.  Le jardin lui appartient.

Du matin au soir, Victor se lèche les babines d’aise. Quoique à part quelques sauterelles et papillons, il est bien peu en quête d’appât à déguster : preuve à l’appui que je le nourrit bien.  C’est par pur amour du jeu et de l’exercice que Victor taquine marmotte sous le cabanon – la pauvre! Compliqué, se remplir l’estomac avant l’hibernation avec ce chat qui rôde! – écureuils au pluriel et minous du voisinage. Je ne lui ai trouvé aucun intérêt pour les oiseaux à ce jour. Mais les chats!  Il a fait son compte du chat noir d’une bataille en règle avant sa castration et ce premier ne fait plus partie de notre décor. Le gros chat blond a fait l’objet de 2-3 poursuites; vu pour la dernière fois la semaine dernière. Le dernier en lice est un tigré insistant; je crois sentir que les pendules sont à l’heure depuis hier suite à un face à face, quoique Victor semblait chétif et penaud devant un plus gros que lui. À suivre. Dans la maison – nous entrons dans le vif du sujet - , la peur qu’a Charlotte de Victor est inversement proportionnelle au temps que je consacre quotidiennement à la gestion des portes. Oui, en ce moment, c’est ce que je réussis le mieux à gérer. J’en tire expérience, connaissance et leçons.

Salle de bain - Fermer la porte. Sinon, Charlotte s’y blottit dans le coin de la toilette, très mauvaise idée puisque Victor va la rejoindre le temps de dire « trop tard » Me voilà quitte pour une prime d’odeur que je mettrai 3 jours à éradiquer : Charlotte a uriné de peur.

Chambre de Charlotte – Fermer  la porte quand Victor est dans la maison, question de lui rendre l’accès impossible; pendant ce temps, Charlotte est enfermée dans la salle de bain ou ma chambre.  Variante : Fermer la porte après y avoir attiré Charlotte (la prendre dans mes bras est un risque mal calculé alors qu’elle tente de chasser Victor puisque la morsure est au bout des dents); si Victor est dans la maison, il miaule au pied de la porte de ladite chambre (pour entrer, pour jouer qu’en sais-je?), il glisse la patte sous la porte (pour la taquiner, pour l’excéder, qu’en sais-je encore?), il fait de même sous la porte persienne de la lingerie (qu’il réussit à ouvrir sans peine…et que je refermerai), il fait le tour de ma chambre, va dans la cuisine et demande à ressortir dehors. J’attends une demi-heure que Charlotte se soit calmée à la musique classique (elle aussi) et j’ouvre sa chambre. Ouvrir la porte quand Victor est dehors pour laisser librement aller et venir Charlotte à la nourriture et la litière. Ce qui me mène à la porte de la…

Cuisine – Fermer tout le temps (moustiquaire s’entend) sauf pour faire entrer ou sortir Victor. T’avais deviné?

Ma chambre – Ouverte sauf si Charlotte est dedans…pendant que Victor fait sa tournée domestique.

Le sous-sol – Ouverte le jour…pendant que…des fois que…Charlotte y laisse quelques furtives odeurs (c’est bon pour son moral et les phéromones). Fermer la nuit, il y a le chat qui dort…méfions-nous! Enfin le moment privilégié des caresses où Victor et moi sommes fin seuls. Je m’étends sur le lit, il vient m’y rejoindre en tournoyant, s’installe, se frotte la joue contre la mienne,  tournoie, se réinstalle, se frotte l’autre joue contre la mienne comme il a changé de côté, tournoie, ronronne et puis bon, s’installe. Je respire, je me calme, il se calme, je me repose, il s’endort… Je me lève, il se réveille, il me regarde l’air de dire « tu t’en vas déjà », il fait la boule sur la causeuse et je monte me coucher dans ma chambre sur un « Bonne nuit! »…

En fermant la porte.

A+

Bonjour la bariteau,

Je ne serai pas là vendredi, mais au colloque à Ottawa. Je reviens dimanche.

J’aime beaucoup te lire. Sourire du début à la fin. On devrait garder tes textes*. Quel talent je le répète**.

La cigarette vaincue***?

Francine

n.d.l.r. Comment feindre d’ignorer une telle suggestion? En particulier pour toi, Francine, je copie-colle sur le blogue.*

n.d.l.r. Comment faire la sourde oreille à un tel compliment? Merci de m’inciter à écrire et à persévérer, Francine. **

n.d.l.r. La cigarette? J’en suis à ma 50e journée sans tabac.***

Un chat parmi les Paulinoises

septembre 18th, 2008 by labariteau

Comment une rencontre sur toile de fond de méditation devient-elle l’avant-plan d’une adoption ? Rien de tel qu’ une fraîche journée ensoleillée et une atmosphère amicale pour émoustiller une impromptue témérité.

Nous sommes une quinzaine de femmes à parler de nos états d’âme, de corps et d’esprit, à nous réjouir d’être ensemble, de nous écouter et nous entendre, de nous comprendre et  nous aider. Nous sommes une quinzaine de complices  qui nous donnons coups de pouce et élans du coeur en prévision d’ un déménagement, soulignons un changement de saison -  Aux piscines toutes! -, allégeons un garage bondé  de marchandises pour un encan à venir, pensons fort à l’une d’entre nous- ou à un de ses proches - malade, en convalescence ou en deuil.  Nous sommes une quinzaine de compagnes en tournée tantôt chez l’une, tantôt chez l’autre, à chaque quinzaine de journées d’été; plus souvent si Pauline nous a “callées“. Nous nous en tenons -  nous nous tenons - nous tenons - un matin/semaine le reste de l’année.  Nous pratiquons ensemble une saine activité:  20 minutes de méditation dirigée, 20 minutes de silence obligé. Fous-rires, dégagez la route s.v.p!  Pour le 20 minutes sacré des “Paulinoises”.  Les Paulinoises. Un nom que je nous ai donné. Un nom arrivé tout bonnement sans y penser. Comme les noms m’arrivent des fois. Vous verrez.

Les Paulinoises comme dans Pauline. Nous sommes les “Paulinoises”. Nous le devons à Pauline. Pauline l’instigatrice, le moteur, le nerf central de notre chaîne vibrante d’amitié vivante.  À mille lieux d’une chaîne de lettres. Je ne vous passe pas de papier. Chacune d’entre nous, au gré de son temps, de ses fantaisies, de ses envies, de sa disponibilité et à sa façon en resserre les liens.

L’une de nous, Francine, aime les chats. Elle en a un;  une chatte aussi ce qui fait deux; quand elle garde celui de son fils en voyage, elle en a trois; et en ce moment, elle nourrit un chaton errant, le compte s’arrête à quatre. À l’étape des présentations, le chat dehors est SansNom. Pas la marque, là! Pour que le chat sans nom fasse sa marque - je sens qu’il laisse déjà sa trace - je propose Charlot. J’ai bien déjà une chatte qui s’appelle Charlotte et je détecte chez ce chat un talent pour la pose et le regardez-moi. Pas de remue-méninges aujourd’hui. J’efface le “e”, j’envoie virevolter un “t”, je  masculinise. Va pour Charlot. Va pour son nom. J’en suis où exactement? Je me mêle de quoi au juste? Je ne tarderai pas à identifier une autre de mes avancées.

- Quelqu’un aimerait avoir ce chat? demande Francine.

Je me surprends à répondre instantanément pendant que je flatte le chat et l’examine sur toutes ses coutures.

- Faut voir. J’ai déjà une chatte, mais…

Qu’est-ce qu’il me prend d’en rajouter?

- Il est si gentil. Je pourrais essayer.  Voir comment ça se passe avec ma chatte. Elle est sauvage, ma chatte. Nerveuse. Craintive. Mais…

- Vraiment? Tu aimerais le prendre chez-toi? s’empresse de dire Francine. Je suis même prête à te l’amener jusqu’à ta porte. Quand tu voudras. Tu sais, je ne peux me résoudre à le faire euthanasier. Tu comprends? Il est si affectueux…et intelligent. Regarde ce qu’il est long quand il s’étire. Regarde comme il est beau! Tu penses comme moi! Quel âge il a, tu crois? Il est fin, hein! Écoute… Il ronronne.

En verve, la Francine. Et puis moi! Bien moi! Comment je fais pour me ressaisir? Je me suis mouillée! Déjà . Comment je fais pour reculer maintenant que je manifeste de l’intérêt et que je me surprends à …presque le trouver beau? Contre toutes attentes - les miennes -, je continue en plongée. Ne me reste plus qu’à nager vers une autre rive.

- Je pars en camping dans deux semaines. Tu pourrais le garder? Sinon, je lui laisserai à manger dehors ici.  Dans un mois, il pourrait avoir rendez-vous chez le vétérinaire pour sa castration. J’ai de l’information sur une fondation pour chats errants. Ces gens nous permettent d’obtenir l’intervention pour pas cher. Je t’arrange tout ça. Ça te va? Les griffes, tu veux qu’on lui laisse ou pas?

Non, mais je n’arrête pas de parler! Plus je me dis que je ferais mieux de me taire plus mon verbiage m’enfonce.

-On lui laisse. Il va dehors. Un chat qui va dehors, c’est mieux qu’il ait ses griffes, tu ne penses pas?

- Il y a juste que je crains d’être à Québec au moment du rendez-vous. On pourrait en profiter pour l’essai chez-toi! de dire Francine qui m’achève avec son “closing”.

Houuu! Ça y est, je touche le fond! Moi et ma sensibilité aux chats aussi!  Mine de rien, je me suis embarquée pour 20 ans. Et j’ai rien vu venir. Bon! Bien! Puisque Francine se réjouit tellement d’avoir trouvé un foyer à ce chat. Pas de panique. Ramenons ma tête sur ses épaules. Il ne s’agit bien que d’un essai après tout. À l’instant où mon cerveau remonte sur son socle et prend une bouffée d’ air, le mot fatidique s’échappe. 

- Oui.

Je fige totalement.

- Alors, je t’appelle bientôt, me dit Francine, les yeux pétillants de joie.

Francine n’oubliera pas de m’appeler. Ainsi débute l’histoire du chat que j’ai rencontré chez une Paulinoise. Qui fera bientôt l’objet d’une correspondance virtuelle entre Francine et moi.

Comme je lui avais demandé, Francine s’est évertuée pendant un mois à appeler le chat: Charlot.  Toutefois, ceditnommé chat rendu en ma possession ou plutôt en possession de ma maison, que dis-je, en possession de l’extérieur de ma maison, un soudain frisson  parcoure mes neurones dans la région des noms. L’heure a sonné de sceller officiellement mon digne statut de propriétaire.  Chat, je te renomme: Victor.

Victor, comme dans dehors.

Des outardes s’en revenant

avril 9th, 2008 by labariteau

outardes.jpgPendant qu’une envolée cacardante d’outardes - bernaches si l’on préfère - s’en revenant attire mon regard au ciel , je pellette la neige - Encore! - sise sur le terrain  avant de la maison.  Cette opération à grand déploiement de glace concassée vise à  préserver le gazon des moisissures -suivant les dires de certains experts, c’est une recommandation - ( ce qui reste à valider)  et je me demande: “Mais qu’est-ce que ça va être cet été comme jardin?”!!!!!

Pendant que j’en suis toujours à me reformater la question, un courriel de ma cousine de l’ouest de l’ile de Montréal m’annonce l’arrivée imminente (d’ici une quinzaine) des Pool Boys. Alors - comme si je ne me posais pas assez de questions de même - je me dis: ”Non, mais on vit-tu dans le même pays?”!!!!!

Tiens, l’idée m’en prend d’aller me détendre. Et quand le soleil plombe ses rayons sur la cour, quoi de mieux que d’étendre une fraîche lessive sur la corde à linge. Y’en a qui se détendent en repassant le linge, moi c’est en le faisant pendre sur ma corde à linge - Oh! moi, la chanceuse, j’en ai une corde à linge! Bon! Dansant sur un pied et puis sur l’autre en steppettes d’évitement des amoncellements glacés sur le patio OH!OH!OH! - voilà qu’un autre doute s’installe: “Si la corde lâche, je devrai chausser les bottes ou me vêtir d’un wet suit de piscine pour récupérer jeans, bas et pyjamas?”!!!!!

“As-tu fait ton ordinaire?” disait ma grand-mère. C’est qu’il n’y a plus grand chose d’ordinaire maintenant, grand-mère. Et si je viens de repeindre les murs de ma chambre couleur blé, ce n’est pas une raison suffisante pour voir se transformer mon jardin cet été en champ de patates. Parce que j’y planterai des carottes et j’aurai aussi des fraises en bac, j’attends juste qu’un ami  m’en confirme la marque; puisque, à ce qu’il paraît, ces fraises-là, je pourrai en manger tous les matins dans mes céréales, et ce, tous les matins de l’été! Non, mais c’est-y pas extraordinaire, grand-mère!

Sur ce, je m’en retourne pelleter autre chose que des nuages…

 

Cardinalis cardinalis

mars 27th, 2008 by labariteau

cardinalis-cardinalis.jpg     Où est la cour? Où est le jardin? Où est le patio? De la porte-fenêtre, j’ai la vision d’une vallée là où la piscine en été s’anime. Et si un mont domine les autres, c’est bien ma faute: une bâche verte (elle était verte, je me rappelle) abrite tout le mobilier saisonnier (la saison qui s’en vient…soit dit pour m’encourager) puisque  le cabanon (toujours trop compact ou compacté - puis à quoi cette construction est supposé servir exactement) est dévolu depuis belles lurettes à autre usage.

D’un arbuste à l’autre, monts et vallées blancs règnent en conquérants. Allez-vous-en! Que je fasse mon printemps! Je ne peux pas entrer dans le cabanon, trop de neige bloque la porte; je ne peux sortir sur le patio, trop…même chanson. Si mes yeux étaient des soleils, la fonte des neiges aurait connu son heure de gloire! Que non! Je peux bien rêver!

J’observe donc. J’observe. Et j’attends. Pas Godot. Le printemps. C’est long. C’est lent.

Soudain, un fol mouvement. C’est pas moi. C’est dehors. Deux cardinals délimitent de leur vol le pourtour de la cour. Ils sont au fond à gauche, puis près de la porte-fenêtre en avant à gauche, ils passent sous mes yeux en direction de la droite, se dirigent au fond à droite. Et recommencent. Et recommencent. Et recommencent. En paire. Le même espace. La même paire. Ma cour est un manège rouge. Les cardinals tournent, tournent, tournent. Un tour, deux tours, dix tours. Je n’ai  jamais vu une scène pareille. C’est saisissant, ébahissant, envoûtant. Si je croyais ma journée pauvre en rebondissements, j’y ai maintenant mon compte.

Et pas plus tard que la veille un cardinal (était-ce l’un de ces deux?) s’était juché sur le monticule de neige de la porte-fenêtre. J’en eu le regard médusé. Un deux sur deux comme clin d’oeil à La vie qui bat.

Voilà! La table est mise. Tout peut arriver maintenant que l’on parle de climat.

Cardinalis cardinalis.

 

 

Chronique d’une tempête annoncée

décembre 16th, 2007 by labariteau

Heureuse constatation: la météorologie a bonne presse en ce siècle. À tout le moins pour le court terme, 3 jours, entendons-nous, c’est  pas si mal! Depuis jeudi soir que les météorologues nous martellent en tête l’arrivée imminente d’ une tempête de neige abondante, voilà que -Oh! Quel synchronisme! - le ciel procède au déversement de sa lourde charge blanche sur le Québec à 3:00 heures  du matin de dimanche, tic tac pile. Je lève mon chapeau à nos experts météorologues! Je me félicite d’investir en vos dires et touche le retour sur ma mise.  À l’heure dite, je suis à l’abri.

En ce samedi de veille calme, j’ai fait la tournée des épiceries en prévision de  2 journées entières de cocooning. Ma panse maintenant se délecte puisque mes facultés organisationnelles ont fonctionné 10/10.  N’y a-t-il rien de plus beau que d’observer de sa fenêtre une neige tomber? Et de plus agréable que de manier paisiblement une pelle au rythme nonchalant du  juste ce qu’il faut à  se frayer un libre accès jusqu’à la rue?

De mon 450, je respire à pleins poumons le vent de froidure qu’apporte cette fraîche bordée d’hiver. La tête blottie sous un capuchon bien serré, le cou encerclé à double tour dans un foulard, les pieds solidement ancrés dans des Sorel, les mains mitainées jusqu’aux coudes, je trace des sillons, j’élève des monticules, je dessine allègrement des serpentins avec  ma gratte. J’écoute le silence de midi  alors que les moteurs vromissants des jours de semaine dorment encore; je lève les yeux vers ce ciel bourré de ouate froide   en pensant aux sportifs et aux enfants. Il me semble que j’ai 10 ans.

Je suis bien. Une heure lentement s’écoule. Puis,  les joues rougies, le nez coulant, j’entre prestement et me secoue tout le corps   couvert de neige. Je suis épagneul. Je change de peau et  m’affaire en toute quiétude à la cuisine d’où mijotera bientôt une onctueuse sauce bolognese. Ail, épices, tomates et veau  parfument mon après-midi. C’est ce temps que choisit mon voisin pour mener sa souffleuse jusqu’à mon entrée y clairant la voie dans sa totale. Je me dis que ce geste de solidarité mérite bien un plat de sauce ou une bouteille de rouge. Après tout, les bonnes relations s’entretiennent!

À demain donc, cher voisin. Le bon voisinage vaut l’attention qu’on se porte. Ce n’est pas un ilot, le 450!  Avant que j’aie sonné à ta porte, le soleil aura fait place aux étoiles. Le corps alourdi et rassasié, je me  blottirai sous la douillette. Je laisserai mes pensées s’égarer dans un fondu et  m’endormirai le coeur léger . Quand nous nous verrons, nous parlerons de tout et de rien. Comme d’habitude. Nous parlerons du temps qu’il fait.

Portrait de l’oncle Carl

mai 31st, 2007 by labariteau

 oncle-carl.gif   Dorval. La maison familiale. Je descends l’escalier menant à la cave.

J’ai toujours aimé les caves. Je m’y sens confortable dans l’atmosphère feutrée des empilades de petits trésors, ces tas de riens qui ne servent plus, que les adultes entassent et  oublient mais dont ils n’arrivent à se départir. Petite, j’avais creusé mon trou à travers cet amoncellement et  bâti mon royaume où je trônais entourée de mes sujets-poupées et de mes objets-jouets. C’était mon refuge, mon manoir à moi; dans un coin, juste sous les marches, trop étroit, trop bas pour qu’un adulte puisse s’y attarder à moins de se caler le fessier aux talons. Mais moi toute droite, j’y dirigeais mes quartiers, mon hâvre de vie, de rêves et de fantaisies. Tout ce qui s’y inventait l’était par moi et pour moi. Je m’y racontais plein d’histoires et je les croyais toutes, grandiosement assise ou fièrement debout, les pieds bien ancrés sur le béton peint terra-cotta. Chaque jour avait saveur d’éternité comme il en est si simplement quand on a 5, 6 ou 7 ans. Quand la réalité est une virtualité en soi. Le pays des merveilles, il est souvent le pays de l’enfance. Pour combler le vide de l’absence, je m’y lovais entourée de ma famille bourdonnante d’enfants sautillants de joie. Je n’avais plus faim, je n’avais plus soif. L’air de la cave me rassasiait pleinement. Mon petit frère disparu des suites d’un accident, je m’étais reconstituée une pléiade de frères et soeurs statiques et fidèles qui s’animaient et m’enjouaient au gré de mon imaginaire.

Je descends l’escalier menant à la cave. Première porte à gauche. Ne pas effectuer un pas de plus. Tourner la tête. Si on avance ou regarde devant, l’effet est raté. Juste obliquer légèrement la nuque jusqu’à ce coin oublié. C’est ainsi seulement que j’y vois un portrait accroché au mur frôlant la jonction de l’autre mur. Qui entre vite dans la pièce ne le remarque pas. C’est un coin sombre, sans lumière. Là où je rencontrerai l’oncle Carl.

Le regard impénétrable. Le visage doux d’un beau garçon. Le front large d’un jeune homme intelligent. L’expression d’un enfant-homme. L’âge indéfinissable. Le temps a collé des couches de poussière sur le portrait de l’oncle Carl. Pourtant, chaque fois que mes yeux fixent le portrait, il me semble y reconnaître mon frère, tel qu’il aurait pu être s’il avait grandi un peu plus; il me semble y reconnaître mon père s’il n’avait accusé le poids des ans. Devant le portrait d’oncle Carl, le temps n’a plus de prise.  Le merveilleux de l’enfance électrise mes sens à nouveau. Comme si oncle Carl veillait à l’air ambiant et diffusait discrètement une essence perpétuelle de paix intérieure.

Un portrait au magnétisme mystérieux. Le portrait de l’oncle Carl. Mon oncle inconnu. Mort à l’âge de son portrait. À 17 ans.

Sur la rue St-Charles en passant

mai 15th, 2007 by labariteau

Elle s’arrête. Sans coup de vent. Le pas assuré d’une femme qui prend son temps, une femme qui prend le temps de respirer, qui prend le temps de respirer par le nez, comme on dit. Marie qui prend le temps de vivre, de vibrer, d’être elle, telle quelle, attachante… car elle est vraie, si vraie. Elle passe, tout simplement, elle passe et s’arrête déposer un colis. Je la reconnais au travers de la vitre de la porte française et chantonne: “Bonjour Marie”. Elle poursuit la chanson…sur les paroles que j’avais oubliées. Nos yeux en sourire se rencontrent.  Nous échangeons idées, sentiments, pensées, rêves et expériences. En totale synergie. Une heure s’écoule comme il en est d’une minute. Marie est une femme merveilleuse d’écoute et d’authenticité.

Elle prépare l’été de “La Grosse Ballerine” à la salle Carpe Diem dans le Vieux-Longueuil, à compter du  21 juin. Elle s’offre ce passage en cadeau et met en scène sa vérité par tranches. Une observation effervescente de la vie tournée en dérision.

Marie, Codebecq en passant , avec un “c” devant le “q” , m’a conquise. “c” et “q” comme dans par”c”e “q”ue je sens l’urgence de vous en parler même si je tire l’exercice de l’orthographe par les cheveux… Mais il y a que le ”c” de Codebecq, et puis tiens, il y a que le “C” du début aussi, a 35 ans de métier derrière les cordes vocales et que (le “q” de Codebecq) , cette Marie qui m’habite depuis son passage rue St-Charles s’exprime aujourd’hui  tel un  passage obligé et nécessaire.  Cette chaleur qu’elle dépose en mon coeur , je désire ardemment que d’autres aussi en ressentent le baume. C’est pourquoi je prends le temps de vous la présenter.  Retenez bien: Nom de “Code“: “bec” avec un “q“. C’est: Codebecq, Marie de son prénom.

Le temps, le temps et rien d’autre

mai 14th, 2007 by labariteau

J’ai un calendrier qui a sauté 2 mois. Pas un jour de moins. Vous faites le compte, ce n’est pas sorcier puisque nous sommes le 14 mai, vous remarquez la même absence de 60 jours tout comme moi. Et je reviens aujourd’hui même. Pourquoi aujourd’hui plutôt que demain ou hier?  C’est que aujourd’hui même sonne le “Je ne m’en peux plus de m’entendre dire que mon pendule a bloqué au 14 février”. Comme s’il y avait de l’amour dans l’air. Et que cet amour n’ait plus de cesse que de s’annoncer. S’annoncera, ne s’annoncera pas, le temps le dira. Il y a qu’il y a le temps.

Qui résonne. Qui tonne. Qui s’abandonne. Qui sais? Que sais-je? Où vais-je? Tant qu’à y être. Tout nous presse, tout nous interpelle, tout nous pousse et tout nous entraîne dans le flot incessant du rapido-subito-presto. Vers quoi? Dites-moi! Et si c’est pour se rendre plus vite…? À quoi sert de courir, si ce n’est pour se rendre plus vite dans le trou?

Vous me suivez? Je tente de me réapproprier le temps, ce temps qui m’appartient et qui déjà s’en est allé ailleurs dans d’autres lieux et…d’autres temps. Je tente d’apprivoiser le temps, de m’en faire une amie (alors que Moustaki tenta de faire une amie de sa solitude) , plutôt qu’une…empêcheuse de tourner…de marcher en avant. Vous me suivez toujours?

Un jour à la fois. Une heure à la fois. Un pas à la fois. Un temps à la fois. Car c’est aujourd’hui le temps d’avancer sur le pas d’une vie qui s’ouvre à l’infini. Vous me perdez? Pas sûr que je m’y retrouve moi non plus. Devant Einstein, je me sens bien petite. Toute la vie est relativité. Vous me revenez? L’heure est au “Ici, maintenant” et je sens de plus en plus de gens pressés par le temps, bousculés par des échéanciers, galvaudés par des impératifs dont ils ne maîtrisent aucunement les règles. Il en va ainsi de la vie. Un jour tu es, un jour tu n’es plus. Est-ce ainsi que (”Est-ce ainsi que les hommes vivent?” chantait Montant) se résume le chant d’une vie? Pas si vite! Justement, c’est ce sur quoi je m’arrête actuellement. “Et que le temps s’arrête” chante Adamo. Pourquoi pas? Si on essayait, un instant…juste un instant…(”Pour un instant” , c’est Harmonium). Çà vous dit de continuer sur cet air?

Le temps qui passe ne se rattrape plus. Proust en sait quelque chose. Le temps qui arrive est à saisir à gorge déployée, à mains ouvertes, à bras évaporés, à yeux surdimensionnés, à oreilles papillonnées, à jambes élastifiées, à coeur disponible.

Je ne suis pas. Je suis en train d’être. J’ai grandi sur ce leitmotiv. Il est criant d’actualité en ce jour même. Plus qu’hier. C’est dans cette optique seulement que le temps peut s’imposer à moi comme une amie.

Au son d’un 14 février

février 14th, 2007 by labariteau

Peut-être est-ce le vent d’hiver qui souffle beaucoup de neige sur le Québec aujourd’hui, non que je ne me cherche une excuse valable à virer dans le commercial pas très original, ou encore est-ce un vague à l’âme sentimental qui me pousse à lancer la ligne……..de mon clavier jusqu’à vous, je succombe à la loi de la moindre résistance:

Bonne St-Valentin à tous et à toutes.

Que vos rêves les plus chers d’amour se réalisent.

Que vos désirs les plus fous d’amour se concrétisent.

Que vos espoirs les plus intenses d’amour vous électrisent.

Avec une pensée toute spéciale en Mauricie pour:

 Céline,  

JOYEUX ANNIVERSAIRE!

De l’amour grand comme le Monde, mes chéris!