Au commencement, il y eut une pomme (entre parenthèses)

février 9th, 2007 by labariteau

Avant la MacIntosh d’une bouchée croquée, il y eu la Granny Smith d’un fabulous vert.

Puisque Apple de Ipod s’est réconcilié avec étiquette Apple des Beatles et que le second ci-mentionné fut en réalité le premier, je me demande bien comment le titre de mon histoire à suivre va survivre.

Essai de titre revu et corrigé: Au commencement, il y eut une pomme croquée.

Me voilà parachutée entre Ève et Adam, ma foi! De me siffler le serpent.

Murphy dit: “Sous pression, les choses empirent”. Et j’en réfléchis qu’après tout, une pomme est une pomme et comme les flocons de neige sont tous différents, pourquoi les pommes ne le seraient-elles pas. Les roses aussi sont toutes différentes, Le Petit Prince a dit.

Et je peux continuer en disant que tous les êtres vivants sont différents. Quoique je m’éloigne de plus en plus du sujet.

Je conviens donc de conserver le titre original. Puisque mon histoire est unique (comme la rose du Petit Prince). Je n’y peux rien, veuillez m’en excuser, j’aime “St-Ex”. Donc, ma pomme est différente des autres pommes.

“Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme“. C’est chimique. Je garde ma pomme. Je garde mon titre.

Pour la suite de l’histoire, je m’y applique pour très bientôt. C’est une promesse. Ne vous en faites pas, je suis différente de Newton qui un jour regarda la pomme tomber. 

Je ne laisse pas tomber l’histoire puisque je garde la pomme telle quelle est et je l’ai à l’oeil, croyez-moi.

The Secret/Le Secret

février 9th, 2007 by labariteau

Avez-vous regardé Oprah hier après-midi? Tous les invités  réunis à son émission entièrement consacrée à: The Secret.

Vous ne connaissez pas Le Secret?

Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas les seuls. Il n’y a pas si longtemps encore, Oprah ignorait Le Secret. Ou plutôt, elle ignorait que ce qu’elle savait déjà était un secret. Dans une même journée, elle a reçu 6 messages en faisant allusion; lassée de se sentir exclue de ce qu’y se passait depuis des mois sur l’internet à propos de The Secret (j’avais moi-même déjà reçu le lien de je ne me souviens plus qui il y a plusieurs mois), elle s’est finalement résolue à acheter le DVD.

Ne vous en faites pas ici non plus, je vous indique plus bas les coordonnées pour vous le procurer et/ou en visualiser un extrait sur le site officiel, si le documentaire sur Le Secret vous intéresse.

Parmi les invités d’Oprah figuraient entre autres personnes un ancien vendeur de drogues - du temps où le cannabis était moins gold qu’aujourd’hui - converti en prêcheur après un séjour en prison, un homme qui convie une femme à accepter son embonpoint plutôt que de s’entêter à suivre des diètes qui échouent, une Australienne qui a réglé ses dettes et vaincu sa dépression et le maestro-en-chef du Bouillon de Poulet la série de livres best seller. Tous, resplendissant de bonheur, d’harmonie, de succès et de sérénité.

Quel est donc leur Secret?

Essentiellement, The Secret se résume en 3 mots:

Law of Attraction

Vous aurez saisi: la loi de l’attraction. Vous êtes ce que vous attirez à vous.

What you focus on expands

Ce sur quoi vous concentrer votre pensée est la réalité de votre vie. Vous êtes ce que vous pensez. Le Je pense, donc je suis appelle un corrollaire:  Je suis ce que je pense, car: 

Energy flows where attention goes

Éliminez les formulations négatives, exprimez vos pensées en termes positifs seulement; voyez vos désirs comme des réalités. Vos pensées sont autant de messages à l’Univers qui est Énergie et vous retourne les vibrations mêmes que vous émettez.

Vous avez un problème (qui n’en a pas!):

Visualisez ce que vous seriez et comment vous seriez sans ce problème. Décidez d’une solution, respectez-en les règles raisonnables établies par vous (et avec vos créanciers, votre conjoint, etc., s’il y a lieu) selon vos moyens aussi minces soient-ils et oubliez-le. Libérez-vous en. Vivez libres. Vivez libéré de votre problème puisque la solution est présente. Vous méritez votre liberté. Vivez votre vie sans le problème.

Vous faites votre part, l’Univers fait sa part aussi. Le Secret.

Nous méritons tous de vivre une vie harmonieuse et ce, maintenant. Pas demain, maintenant. C’est The Secret.  Au temps présent. La visualisation au présent.

Ah! Vous le connaissiez Le Secret! Vous aviez lu quelque part, entendu de quelqu’un ou constaté les bienfaits de la visualisation, de la méditation, de la spiritualité?

Les écrits sur le sujet se recoupent tous: Vivez au présent. Dans la spiritualité, sans égard à la religion puisque ces 2 mots ne sont pas synonymes. L’Univers est actuellement en  expansion spirituelle.

Malraux a bien dit: “Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas”.

Le Secret pour le succès de (pas dans) sa vie: être soi spirituellement. 

Le Secret nous invite à devenir ce que nous sommes. Le Secret invite chacun d’entre nous à être ce que lui inspire son authentique nature.  La plupart du temps à des lieux de la célébrité!

Bon! Dans notre quotidien incognito, on fait quoi?

On met en pratique une règle du 3/3.

Thoughts, Feeling and Action.

Harmonisation de 3 verbes: penser, sentir et agir.

Les 3 éléments doivent figurer 3/3 à l’unisson. Un seul des éléments manquent et tout succès vous échappe. Ou encore si j’y vais de ma version: Un seul élément vous manque et tout de votre vie est vide et dépeuplé.

À se remémorer chaque matin, au lever et à appliquer chaque jour. Recette infaillible à ce qu’on nous dit: Le Secret.

Pour voir un extrait du documentaire sur internet:

 thesecret.tv et cliquer sur: The Trailer.

Soyez vigilants. Il vous sera demandé si vous désirez visualiser “once only” ou “every time“; ne faites pas comme moi sur “once only” :je n’y ai plus accès sur mon ordinateur. Vous me direz, c’est simple à comprendre, mais le doigt glisse vite parfois et il en est fait du “once only“. À moins qu’il y ait un autre secret que j’ignore.

Ah! Vous vous demandez comment va ma vie depuis hier! Elle est au beau fixe, merci!

Je m’applique maintenant à identifier mes 3 éléments (remarquez le temps présent). J’ai le plan de mon moi qui se précise.

Maintenant, vous connaissez vous aussi Le Secret.

 

Au commencement, il y eut une pomme (la suite).

février 1st, 2007 by labariteau

1991. Non,  mais vous n’alliez tout de même pas vous imaginer qu’une telle armée de conquistadors informatiques qui va chercher dans les 5-6 chiffres $ pour le kit complet-studio-de-design allait régler les problèmes de planification, contraintes de gestion, migraines de budgétisation, carences d’organisation, “technicalités” de production et surcharges de pression!

Pas si vite aux conclusions!

Honnnnnnnnnnnnnn! Non!

S’il y avait juste que depuis, c’est pas mieux qu’avant, ce serait pas si pire! Mais, y’a que l’état actuel des lieux est pire que le pire que j’avais vu venir!

Alerte rouge! C’est l’insurrection! 

C’est pas un moteur plus puissant qui rend les virages plus faciles à négocier. N’importe qui roulant en carosse le sait: un chauffeur qui tourne le volant, c’est une chose;  un chauffard qui vire dans le champ, c’est autre chose.

Eh bien! Justement! Le champ! Parlons-en!

Une grande pièce joliment éclairée me tenait lieu d’office. En ce début juin, elle est totalitairement métamorphosée en champ de maïs. Oui, oui. Comme du maïs qui envahit le décor tellement bien qu’on peut y cacher ce qui ne gagne pas à être vu des autorités civiles. Eh bien, si j’atteins le mois d’août avec tous mes morceaux, je somme la tête d’un épi bien tactilement placé au premier malvenu qui d’aventure prononce jusqu’à mes oreilles le mot pomme

J’y vois carrément plus rien, moi, à travers ce champ de bataille de papyrus en amoncellement progressif…

Ma mission se réduit maintenant à sa plus simple expression: me sortir indemne des tirs de révisions à répétition lancés par le chargé de compte, le rédacteur, le client, le traducteur, l’infographe et le directeur artistique, dans l’ordre et/ou le désordre. 

Garder du lest, rétablir un semblant de contrôle de la situation et récupérer mon équilibre et ce, malgré l’horloge folle qui me fait perdre la boussole sur mon propre terrain.

Je suis devenue bibliothécaire de références.  Directrice dans  le “In progress”, comme ils disent. Je m’y occupe à plein temps et j’en ai plein les bras.

Ahhhhhhh!

Qu’il était charmant le temps des boards.

En soulevant la couverture Mayfair, des overlays d’un clair limpide s’y superposaient en fit parfait. Ils s’agrémentaient parfois de jolis masques rubilith oranges. Les trames judicieusement annotées dansaient leurs préférences. Les crayons feutres livraient des petits mots sur tissu onion.  Les lettres et les chiffres s’entrelaçaient en bas relief. Les photos riaient dans la foulée et les logos signaient leur fierté.

C’était l’avant. L’avant de quand les arts graphiques jouaient dans la même cour de récréation que les arts plastiques et avec eux.

Je m’égare. Quel heure est-il?

Des piles de copies lissées de noir monochrome se battent entre elles pour la première position, là où je m’affairerai.  Des monceaux d’épreuves relues ou à l’être rivalisent en hauteur. Les retards s’accumulent. Je cherche mes stylos. Par monts et par vaux. Je me fraye un chemin. J’en suis où?  Je vois plus l’fond. Je vois plus l’bout.

Tom, le patron, s’étire le cou en travers du cadre de porte de mon bureau tout en me fustigeant du regard. 

- On était pas supposé sauver sur le papier avec les ordinateurs?

- Tu parles sérieusement?

Pour couper court, je prétexte une urgence et m’empare du téléphone.

- Claude, tu sais, pour la brochure 16 pages, j’ai une correction en couvert 2 et une autre en page 5; je rajoute 100 $ au bon de commande, çà va?

- Écoute, je suis au centre-ville. Dans 10 minutes, je pourrais être rendu à ton bureau. Faut que j’t'explique quelque chose.

- Bon, si tu veux! Pour le changement… 100 $… tu m’as pas répondu…

- Ben, c’est de çà dont j’veux t’parler. Tu restes à ton bureau?… Attends-moi, j’arrive!

Je crois bien qu’ il était plutôt dans le Vieux-Montréal et même en bas de l’immeuble, mon Claude! Je fais 3 tours sur moi-même, j’aspire 2 bouffées d’air à papier quand  Nicole, la réceptionniste, sonne à mon poste pour m’annoncer son arrivée.

- Regarde-moi bien. Je vais te faire une p’tite démonstration. Tu vas tout comprendre.

Claude dépose sa “livre de beurre” de 10 livres sur ma planche de “gratte-méninges” et saisit une enveloppe Kraft 12 x 18 adossée à un mur.

 - Dans ma main gauche, je tiens les films négatifs de ta job. Au bout de ma main droite, y’a ta poubelle. C’est tout ce que je peux faire avec tes films maintenant.

dit Claude, alors que ladite poubelle accuse le choc d’un soudain débordement.

Puis, Claude claque ses paumes de main l’une contre l’autre, les introduit dans les poches de son pantalon, bombe le torse d’une brève inspiration, relève la tête dans ma direction, un rictus aux commissures des lèvres et surveille ma réaction.

(silence)

- Tu dis rien?

(silence)

Deux boules de billard sous mon front interrompent leurs battements de cils alors que ma pochette à paroles attend la numéro 8.

(fin de la deuxième partie)

Au commencement, il y eut une pomme.

janvier 30th, 2007 by labariteau

1979.  Christiane grimpe les marches deux par deux. Elle arrive de chez un client et son visage resplendissant ne laisse planer aucun doute:  tout c’est merveilleusement bien déroulé. Avec l’habilité d’un magicien et la main heureuse d’un courtier en valeurs mobilières, elle distribue à tous ses pairs de l’agence de pub une petite image de pomme où clairement s’affiche le mot Apple.

- C’est renversant. Nous allons bientôt en entendre parler partout. C’est gagnant! Je vous le dis, c’est révolutionnaire! Regardez bien çà aller…et si vous pensez à acheter des actions, lancez-vous, c’est le temps!

Nous venions à peine d’être initiés à l’usage du bélinographe, ancêtre du télécopieur! 

J’ai machinalement collé une Apple sur ma IBM Selectric et repris le cours de mes tâches de coordonnatrice. Je n’ai pas acheté d’actions: j’avais ma Datsun à payer. Peut-être que si…Bof! Et puis avec des si…

Des années se sont écoulées après cette fameuse journée. Christiane est partie, j’ai monté d’échelon dans une autre agence et puis j’ai oublié cette pomme.

1983. Claude dépose une brique beige sur mon bureau.

- Çà y est! J’me suis enfin décidé! Je l’ai acheté! As-tu déjà vu un cellulaire?

- Ohhhhh!

- Avec çà tu vas pouvoir me rejoindre quand je suis dans mon auto.

- Ahhhhh!

- Sais-tu combien çà vaut?

- Euhhhhhhhh!

- Pas loin de 1 000 $.

- Hiiiiiiiiiiiiiiii! 

- Çà va me prendre des jobs pour payer çà! Tu vas penser à moi, hein?

- Biennnnnnnnnn! Oui.

Ils sont ainsi les fournisseurs. Toujours à la fine pointe de la technologie tout en te faisant miroiter le meilleur service pour le plus de contrats possibles. Concurrence oblige. Ils achètent de l’équipement performant; leurs clients paient pour leurs services et…leur équipement. C’est le modus operandi de la sous-traitance.

Et je croque dans ma pomme. C’est mon déjeuner.

1990. Une grosse boîte de carton sur deux pattes passe devant la porte de mon bureau. Suivie d’une autre. Et d’une autre. Rose-Marie repasse. Suivi de Joël. Et de Denis. Et le manège se répète. Il y a un de ces branle-bas dans l’agence!

- J’peux-tu savoir ce qu’y s’passe?

- T’es pas au courant? Les Mac viennent de nous être livrés.

- (Ah! non!)    Ah! oui?!!!

- On en a pour un bout de temps à apprendre comment travailler avec.

- Ah! oui?  Non!

Ils y ont mis des jours. Des semaines. Des mois. Et ils ont appris mes chers artistes, graphistes, concepteurs, monteurs, illustrateurs, j’ai pas peur! Ahhhhhhhhhh!

Rivés devant leur écran magique, l’accès à leur monde est maintenant sur la voie interdite. J’ai perdu le contact. Je ne leur lance plus de boules de papiers sur leur table à dessin pour les taquiner, je ne leur adresse plus la parole pour faire un peu de social. Je surveille leur tête tourner vers moi en signal de leur disponibilité d’écoute, j’observe leurs bras croisés en impatiente observation d’une succession de pages qui se tournent, j’entends leurs soupirs exaspérés quand le système plante et plante et replante!

- Oufffffffffff!

Quelqu’un a planté des pépins de pommes. Un arbre a poussé. Toute une rangée. Je travaille maintenant en plein verger MacIntosh.

- Tiens! C’est la job!

- Quoi!

- Ben oui! Tout est là!

- J’vois rien, moi de ta job!

- Ben oui! Tout est sur le Syquest.

- Ah! Puisque tu le dis!

Il s’est fait tourné dans tous les sens le Syquest et jamais rien n’en est sorti, qu’il m’a dit Claude.

- Pourtant, la job elle est là!

- Oui, Denis! Je veux bien te croire, moi! Mais, “What you see is what you get” et comme je n’y vois rien, il est bien possible que je n’aie rien, prends-le pas mal, là! J’pense que ce serait mieux si tu me faisais une photocopie de ta job la prochaine fois.

- Non, mais fais-moi pas chier! Çà va me prendre une éternité à copier, la job sur papier!

- Une éternité pour toi, c’est combien de temps au juste?

- Ben! 20 minutes!

- Moi, je viens de perdre une journée. Alors, fais-moi pas chier avec ton 20 minutes! À partir de maintenant, je veux la voir la job qu’il y a dans cette petite boîte à surprise… avant de la remettre au pelliculeur. O.K.?

- Grrrrrrrrrrrrrr!

Ainsi je demandai, ainsi l’on fit.

- Y’a rien sur le Syquest.

- Comment çà, Claude? C’est quoi le problème, encore?

- Ben, tu sais, c’est fragile un boîtier. On le brasse un peu. On l’échappe par terre et l’information disparaît.

- Comme çà? Tu me niaises, ou quoi! Mais c’est donc compliqué!  Maudits ordinateurs! On était-tu ben avec nos règles parallèles et nos mécaniques collés à la cire. Bon!  Faut faire avec on dirait. O.K! Laisse-moi réfléchir un peu et j’te reviens.

J’ai tourné sur un 10 cents, comme on apprends à le faire en pub - tu spines vite ou tu crèves -, et j’ai commandé une caisse d’enveloppes à bulles pour amortir tous les chocs prévus, imprévus et imprévisibles. Oh! génie quand tu nous tiens! Elle a fonctionné à plates coutures, ma tactique! Tout Syquest dinosaurus qui transitai en mes mains à compter de ce jour fut de tous ses pixels sauvegardés. À m’en péter les bretelles!

Je venais de conclure mon premier pacte avec la nouvelle technologie.

(fin de la 1ère partie)

Le blogue d’une boomer

janvier 29th, 2007 by labariteau

J’arrive. De chrysanthèmes en chrysanthèmes, chantait Brel. Et j’ajouterai d’Anne Frank, en passant par Hector de St-Denys Garneau, Pierre Bourgault et Anaïs Nin, qu’il s’agisse d’un journal intime, une lettre à un ami ou d’entretiens édités, écriture et lecture - puisque l’un ne va pas sans l’autre - sont parties prenantes de ma quotidienneté. Nul n’échappe à son destin. Tôt ou tard, nul n’échappe à la modernité - On n’empêche pas le progrès. Et comme je choisis d’être de la parade - je ne peux souffrir de seulement la regarder passer - vous aurez deviné, j’entre à mains libres et pieds joints dans la vague des blogues.

Fidèle à ma nature - et à mon âge - je mettrai au monde des phrases, je coucherai des mots, je scruterai l’actualité, j’enquêterai sur mes pensées et je transcrirai sur clavier mes réflexions; en saccades de petits booms ou dans un élan de gros boom, c’est selon.

Cette idée toute simple de se lancer - comme des milliers d’autres - est fumante, grisante, envoûtante même. Tout ce qui est de plus licite. De quoi rendre l’exercice plus tangible encore. Et je serai franche, à défaut d’écrire sans paie, je me réjouis à l’avance de me publier me sachant à l’orée de l’inévitable où des gens qui jusqu’à ce jour me sont inconnus me liront. La déduction n’en est pas une d’ego mais d’écho; la nuance outrepasse toute musicalité du propos.

Petit boom de société - avant le gros boom. Est-ce qu’on est nombreux à voir venir, à lire entre les lignes? La Presse sous-titre en page A3 de son édition d’aujourd’hui: Le réseau souffrira des départs à la retraite. Il est précisé en encadré qu’en 2010 - allo! c’est dans 3 ans!- qu’une pénurie de 5512 infirmières est à prévoir. J’ajoute: la pénurie en éducation; saupoudrez de la pénurie en construction; et puis en administration; sans négliger le sel sur l’informatique et puis allongez la liste au gré des saisons. Soyons clairs. Soyons concis. La pénurie s’installe partout! Notre société s’apprête à recevoir de plein fouet, en plein front juste au-dessus de son 3e oeil bien fermé, un gros boom de masse ouvrière vieillissante, retraitée et laissée pour compte.

Si les employeurs et recruteurs d’aujourd’hui persistent à bourrer leurs “filières 13” de candidatures 50+ ans, la table est mise pour qu’ils se rongent les doigts jusqu’au coude dans un futur proche. Au nom de la sacralisée mère Vitesse grand V, bienfaitrice de la performance ultra efficace! L’ironie de cette incongruité nous catapultera gros Jean comme devant, à court terme, dans l’indésirable règne du rythme de la lenteur.  Je n’ai rien contre. Il y a des avantages certains à la lenteur; le plus probant étant celui d’y gagner en qualité de vie dans le Ici maintenant. L’inconvénient le plus pernicieux étant la mutation de cet avantage en dangereuse menace  pour la santé et le bien-être de chacun(e). Un Ici maintenant au ralenti circule sur la voie de service vers un ailleurs trépas grande vitesse basculée.

Qu’on se le tienne pour dit.  Chaque boomer qui fait ses 3 petits pas et puis s’en va devient malgré lui une bombe à retardement. À défaut de s’atteler à la tâche dans l’élaboration  de nouvelles règles de société du travail, de poser des gestes incitatifs, responsables et innovateurs, une vaste cohorte de travailleurs expérimentés et talentueux quittera le navire. Je vous laisse le soin de compter les déserteurs et les survivants de part et d’autre au jour prochain du grand boom.

Cela parce que tous et chacun se presse - ou se fait presser - dans le temps; les dirigeants se suivent, se confondent  et se perdent en conjonctures.

J’ai mis du temps à écrire ce premier texte. J’ai pris mon temps. Du temps considéré comme nécessaire. C’est tant pis pour ce que j’y ai perdu; ou tant mieux pour ce que j’y ai gagné.